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samedi 6 janvier 2018

Un cri sous la glace

Ce livre, avec tous ses bons avis, me paraissait idéal pour bien terminer l'année: en effet, quoi de mieux qu'un bon thriller psychologique à dévorer bien au chaud sous le plaid?

Emma, jeune Suédoise, cache un secret: Jesper, le grand patron qui dirige l’empire de mode dans lequel elle travaille, lui a demandé sa main. Il ne veut cependant pas qu’elle ébruite la nouvelle.
Deux mois plus tard, Jesper disparait sans laisser de traces et l’on retrouve dans sa superbe maison le cadavre d’une femme, la tête tranchée, que personne ne parvient à identifier.
Peter, policier émérite, et Hanne, profileuse de talent, sont mis en tandem pour enquêter. Seul hic, ils ne se sont pas reparlés depuis leur rupture amoureuse dix ans plus tôt. Et Hanne a aussi un secret: elle vient d’apprendre que ses jours sont comptés...

Disons les choses franchement, je ressors un chouia déçue de cette lecture. J'en attendais beaucoup car j'avais vu passer de très bon avis dessus, mais je ne sais pas, avec moi ça ne l'a pas vraiment fait.
Je l'ai traîné pendant plus d'une semaine, alors était-ce parce qu'en cette période de fêtes j'avais mieux à faire que lire? Le moment était-il mal choisi pour lire un thriller? Oui sans doute, mais il y a aussi le problème de rythme de ce livre: voilà c'est dit, j'ai trouvé cette histoire franchement mollassonne.

Quand je lis un thriller, je m'attends à ce qu'il y ait une enquête, du rythme et un minimum de rebondissements. Je ne demande pas à ce qu'il y ait de l'action à toutes les pages, mais quand même!
Le problème, c'est qu'ici il n'y a rien. L'auteure nous décrit la vie de ses personnages, leurs soucis quotidiens, leur train-train, et c'est à travers eux que l'on peut suivre le déroulement de cette enquête. 

Quoique là encore, "enquête" est un mot est un peu fort, puisque c'est nous qui découvrons les indices au fur et à mesure, grâce à un ingénieux système de flashbacks qui nous permettent de suivre une certaine Emma, deux mois avant que le cadavre d'une femme ne soit retrouvé décapité dans la propriété de son amant, Jesper, qui semble avoir disparu de la circulation.
Qui est la victime? Est-elle l'une des innombrables conquêtes de Jesper, qui semble changer de petite amie comme de chemise? Se pourrait-il qu'il s'agisse d'Emma, que Jesper a lâchement abandonnée après l'avoir demandée en mariage?
Ce pauvre Jesper n'apparaît d'ailleurs que fort peu dans ce livre et nous le voyons à chaque fois via le regard des autres: Emma parle de lui, les policiers enquêtent à son sujet, mais à aucun moment il ne prend la parole directement.

Le portrait qu'en font ces personnes n'est pas très flatteur, et d'ailleurs moi qui espérais pourvoir me rattraper avec les personnages, j'ai également été déçue puisqu'il est quasiment impossible de s'attacher à l'un d'entre eux.
Au début, j'ai vraiment cru qu'Emma était stupide, à ne pas voir une certaine vérité qui se trouvait sous son nez. Il y avait pourtant tout un tas d'indices ne laissant aucun doute sur sa situation, mais non.
Les choses s'améliorent tout de même un peu par la suite, on en apprend plus sur son passé, on comprend qu'elle est fragile et que la façon dont Jesper joue avec ses sentiments la fait souffrir. Peu à peu, son caractère va s'étoffer, faisant d'elle au final une héroïne troublante et touchante.

J'ai également eu du mal avec Hanne et surtout son mari Owe, qui a dépassé la stade de l'autoritarisme et est carrément devenu tyrannique. Leur relation est bancale, malsaine et à la limite du toxique, car sous prétexte que Hanne est malade, son mari croit pouvoir régenter sa vie et décider de tout à sa place. Sympa, hein?

Mais la palme revient sans conteste à Peter, le flic de l'histoire: plus stéréotypé, tu meurs! Sérieusement, c'est trop demander que d'avoir un flic qui ne soit pas blasé par la vie et par son métier et qui ne soit pas hanté par son passé? Ajoutez à cela que c'est un phobique de l'engagement qui repousse sans cesse le moment de prendre une décision et qui limite voudrait qu'on le plaigne, et vous comprendrez que ce personnage m'a tapé sur les nerfs tout au long du livre.

Bref, j'ai l'impression de ne vous parler que du négatif, et pourtant il y a quand même eu du positif dans ce livre, notamment avec l'évolution d'Emma. Au départ je la trouvais vraiment très cruche et niaise avant de comprendre peu à peu comment les évènements l'ont en fait façonnée pour en faire la femme qu'elle est devenue.

Autre bon point: la fin. J'avais plus ou moins deviné qui était le meurtrier, tout en me demandant comment c'était possible. Pas de grosse surprise donc, mais un final qui tient la route et qui explique pas mal de choses. J'ai alors vu les choses sous un angle différent et je dois reconnaître que c'est bien trouvé.
Cela rehausse un peu le reste et je regrette que l'ensemble du livre n'ait pas été aussi prenant. 
Dommage qu'une fois encore le plus intéressant se trouve dans les dernières pages!

lecture sympa, sans plus...

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vendredi 5 janvier 2018

La disparue de Noël

Quand j'ai vu ce livre, je me suis dit qu'il serait parfait pour le Cold Winter Challenge. Cette couverture magnifique mais aussi énigmatique collant parfaitement au thème, je me suis empressée de sauter dessus...

En Angleterre, de nos jours. Emma le sait, il est des passés qui ne s'oublient pas. Mariée à David, directeur de banque traumatisé par la mort de sa première épouse et l'inexplicable disparition de sa fille Natasha la veille de Noël, six ans plus tôt, la jeune femme a appris à vivre avec les drames. Mais l'arrivée d'Ollie, leur fils de dix-huit mois, semble avoir redonné le sourire à David et renforcé leur couple. La promesse de jours meilleurs semble enfin possible... Mais le monde d'Emma se fissure lorsqu'une jeune fille apparaît un jour dans sa cuisine. Natasha. Alors que David est en joie, Emma, elle, s'interroge: où était-elle toutes ces années? Comment l'intégrer dans leur vie de famille idéale? Et pourquoi ce sentiment que l'adolescente pourrait représenter une menace pour elle et pour son bébé? 

Je tiens une nouvelle fois à remercier le réseau francophone NetGalley et les éditions Belfond pour m'avoir permis de découvrir ce livre.
Cela fait un bon moment que j'ai terminé ce livre, et je ne sais toujours pas si je l'ai apprécié ou non.
Il se lit facilement, de ce côté-là rien à redire, la plume de l'auteure est fluide et agréable, il n'y a pas de temps morts, et c'est peut-être là que le bât blesse.

En effet, ce roman ratisse large et traite plusieurs thèmes: disparition d'enfant, tiger-kidnapping (enlèvement dans le but de forcer quelqu'un à aider à commettre un crime), trafic de drogue, gangs... Du coup, par moments j'ai trouvé que l'auteure s'éparpillait, ça partait dans tous les sens dans une sorte de joyeux bordel et c'était too much. Il y a trop de rebondissements et au bout d'un moment j'ai fini par ne plus vraiment trouver l'histoire crédible.

Ça partait pourtant bien: au début, nous suivons Caroline, qui à la veille de Noël a un accident de voiture dont hélas elle ne réchappe pas. Sa fille Natasha, qui se trouvait à l'arrière de la voiture, est quand à elle introuvable.
Six ans plus tard, David, le mari de Caroline, a refait sa vie avec Emma et ensemble ils ont un petit garçon, Ollie. Tout va pour le mieux pour cette petite famille, jusqu'à cet après-midi où une adolescente débarque dans la cuisine alors qu'Emma est seule avec Ollie. 
Emma découvre bientôt qu'il s'agit de Natasha. Mais si David est fou de joie en voyant que sa fille est en vie, Emma elle s'interroge: où était Tasha durant toutes ces années? Pourquoi est-elle si dure et si froide? Pourquoi refuse-t-elle que son père appelle la police?

Plus j'avançais dans l'histoire, plus j'avais du mal à y adhérer.
Déjà, les personnages ne sont pas vraiment attachants. Certes, j'ai eu de la peine pour Natasha, cette gamine a apparemment vécu un bon paquet d'horreurs, mais son comportement était dérangeant, à la limite du flippant.
David, lui, est une chiffe molle qui se contente de se laisser porter par les évènements, il ne réagit pas, ne prend aucune décision, et à force ça en devient agaçant, j'avais envie de le secouer et de lui mettre des claques!

Emma est assez sympathique, elle ne prend pas toujours les bonnes décisions mais a au moins le mérite d'agir au lieu de rester passive à attendre que les choses s'arrangent d'elles-mêmes, comme David.
J'ai compris son angoisse et sa peur face à Natasha, et son refus de la laisser seule avec Ollie, sans doute parce que le fait d'être mère m'a permis de me sentir proche d'elle.
Ce qui est dommage par contre, ce sont toutes ces répétitions au sujet d'Ollie justement: on a bien compris qu'Emma était morte de peur et qu'elle voulait retrouver son bébé!
Et enfin, nous avons Tom Douglas, le flic un peu trop stéréotypé à mon goût, hanté par la mort de son frère. 

Plus on avance dans le livre, plus on comprend que tout ce petit monde se connaît. Et j'avoue, je trouvais ça un peu trop facile, j'étais déçue que l'auteure ait eu recours à une ficelle aussi grossière, avant de comprendre que ce livre est en fait un tome 4: je suppose donc que le passé de Tom et ses liens avec les autres personnages sont décrits dans les tomes précédents. 

Reste que la fin est très bonne, mais aussi très frustrante, car j'espérais vraiment quelque chose de plus joyeux. Je pense qu'il y aura très certainement une suite à ce livre, car au vu des révélations qui y sont faites je ne pense pas que l'auteure laissera ses lecteurs sans un minimum d'explications.

Je ne sais pas encore si je lirai les trois tomes précédents: d'un côté je suis contente de ma lecture car malgré les points négatifs que j'ai pu relever j'ai quand même apprécié ce livre, j'étais curieuse de savoir ce qui allait arriver à Natasha et au reste de sa famille et du coup les pages ont défilé assez vite, et en même temps si dans les autres tomes il y a également autant de surenchère niveau action, alors cela risque fortement de me déplaire.
A voir, un de ces jours, pourquoi pas...

lecture sympa

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lundi 27 novembre 2017

After Anna

Heureusement qu'il y a des challenges comme le Black November (ou novembre = mois du thriller) pour me permettre de sortir des petites pépites de ma PAL. Car qui sait combien de temps encore j'aurais laissé ce roman dormir sur mes étagères avant de l'en sortir...

Une petite fille de cinq ans disparaît à la sortie de son école. La police n’a aucun indice. Pas la moindre piste sérieuse. La presse s’empare du fait divers et ne recule devant rien. Ses parents, Julia et Brian, vivent l’épreuve la plus effroyable qui soit. Pourtant, une semaine après l’enlèvement, Anna leur est rendue, indemne. Sans aucun souvenir de la semaine qui vient de s’écouler. Mais pour Julia, le pire reste à venir...

J'attendais beaucoup de ce livre, me demandant comment il était possible que les choses empirent pour une mère après qu'elle ait vécu le kidnapping puis la restitution, saine et sauve, de son enfant. A mes yeux, ce moment devrait plutôt être empli de soulagement et de joie, mais c'était sans compter sur Alex Lake.

A partir d'une situation somme toute assez banale (car il faut bien avouer que le thème de la disparition d'enfant est assez récurrent dans le monde du thriller), l'auteur réussit avec brio à nous raconter une histoire qui fait froid dans le dos.

Tout commence quand Julia, avocate spécialisée en droit de la famille, arrive en retard à l'école pour récupérer Anna, sa fille. Sauf que le personnel de l'école lui annonce qu'Anna n'est pas là. Passé le premier choc, tous se mobilisent pour tenter de retrouver la petite, en vain: Anna semble s'être volatilisée et personne n'a rien vu. Commence alors pour Julia et Brian, les parents, une lente descente aux enfers, jusqu'au moment où Anna leur est rendue saine et sauve. Qui peut bien avoir intérêt à enlever la petite pour la restituer ensuite? Et si le kidnapping d'Anna n'était que le commencement d'un jeu pervers?

Je me suis pris une bonne claque avec ce livre, déjà parce qu'en tant que maman, pour rien au monde je n'aimerais vivre ce qu'endure Julia, ensuite parce qu'il nous prouve une fois encore que les réseaux sociaux servent de défouloir à ceux qui ne savent pas où cracher leur fiel (et je suis gentille ^^').
Il est en effet extrêmement facile de cracher à la figure de parfaits inconnus, chose qui ne semble pas déranger certaines personnes qui feraient pourtant beaucoup moins les malignes si elles devaient en faire autant à visage découvert. Sauf qu'un écran ne protège pas forcément, et il serait bon que certains s'en souviennent.

Julia a donc le tort de tenter de cumuler vie professionnelle et vie privée. Le planning est pourtant bien rodé, chacun va chercher Anna alternativement à l'école. Manque de chance, ce jour-là tout se ligue contre Julia: une réunion qui se termine plus tard que prévu, un portable déchargé et une belle-mère qui ne répond pas au téléphone car elle doit faire face à une fuite dans sa cuisine.
C'est le début des ennuis: si certains éprouvent de la peine pour Julia, d'autres n'hésitent pas à lui en mettre plein la figure: elle devient très vite l'image même de la mauvaise mère.

Ajoutez à cela que Julia n'aime plus son mari et souhaite divorcer: à l'image de mauvaise mère se superpose celle de mauvaise épouse qui prévoyait de prendre le large et d'abandonner sa famille.
Ses moindres faits et gestes sont décortiqués et analysés, le moindre faux pas est aussitôt révélé dans la presse, qui semble s'en donner elle aussi à cœur joie pour démolir l'image de Julia.
 
Les critiques se montrent extrêmement virulentes dans leurs propos, et Julia doit alors faire face à un vrai déferlement de haine, entre ceux qui souhaitent qu'Anna ne lui soit jamais rendue ou ceux qui estiment qu'une femme comme elle ne devrait pas avoir d'enfants: après tout elle voulait abandonner sa famille et est arrivée en retard à l'école: quelle mère ferait ça? Elle ne mérite pas de revoir sa fille vivante. 
Ca vole haut, hein? Franchement, quelle mère n'est jamais arrivée en retard, même de quelques secondes, à la grille de l'école? 

Et puis l'école n'a-t-elle pas une part de responsabilité? Pourquoi ont-ils laissé Anna partir? Autant de questions qui méritent une réponse, mais auxquelles bien sûr les détracteurs de Julia ne pensent même pas.
Il y a très peu de bienveillance et de compréhension à son égard, peu de gens ont de la sympathie pour elle en se disant qu'elle doit tout de même bien morfler suite à la disparition de sa fille.

Julia est donc dans un sacré bourbier, jusqu'au moment où Anna est retrouvée vivante. Si Julia savoure ces retrouvailles, elle n'est pourtant pas tranquille: pourquoi avoir enlevé Anna pour ensuite la libérer une semaine plus tard? Pourquoi la fillette ne se souvient-elle de rien? Le kidnappeur va-t-il revenir?

Très vite, le bonheur laisse place au désenchantement car un nouveau cauchemar s'abat sur la vie de Julia. Je ne vous en dirai pas plus, si ce n'est que c'est machiavélique à souhait, c'est une vraie machination qui se met en place et ça fait froid dans le dos!
Ajoutez à cela que nous nous retrouvons dans la tête du kidnappeur à chaque début de chapitre, et vous comprendrez très vite que rien n'est laissé au hasard.

La tension monte crescendo, les liens entre les personnages se délitent, chacun montre peu à peu son vrai visage, jusqu'au moment où la vérité éclate.
Je n'ai pas vraiment été surprise à ce niveau-là car j'avais plus ou moins deviné (mais sans certitude) qui était derrière tout cela, malgré tout j'ai bien aimé ce final. Je me répète une fois encore, mais il y a vraiment certaines personnes qui devraient être enfermées!

Bref, After Anna est un excellent thriller psychologique bien torturé comme je les aime, et ce malgré un coupable finalement pas si étonnant que cela.
C'est un vrai page turner qu'il est difficile de reposer une fois qu'on l'a commencé, et je ne peux que vous le recommander!

lecture très agréable

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dimanche 15 octobre 2017

Ne pars pas sans moi

J'avais envie de découvrir de nouveaux auteurs, des nouvelles plumes, d'autres horizons, aussi quand j'ai vu les bonnes notes attribuées à ce roman j'ai eu envie de lui donner sa chance...

Alors qu'elle se promène dans les bois avec son fils Ben, 8 ans, Rachel le laisse partir devant elle jusqu'à l'aire de jeux. Quand elle arrive sur les lieux, Ben a disparu. Bientôt, médias et réseaux sociaux se déchaînent: Rachel est accusée d'être une mauvaise mère qui n'a pas veillé sur son fils... à moins qu'elle n'ait fait le coup? Attaquée de toutes parts, soupçonnée par la police, Rachel ne peut se fier à personne. Elle seule peut découvrir la vérité et retrouver Ben...

Les livres traitant de la disparition d'enfants sont légion, et chaque fois je me dis qu'il faudrait vraiment que j'arrête d'en lire, car chaque fois j'en ressors avec la boule au ventre, en me disant que pour rien au monde je n'aimerais vivre la situation dans laquelle se retrouvent les personnages.

Ce qui est encore pire ici, c'est que Rachel, ça pourrait parfaitement être moi. Il arrive fréquemment que ma fille parte un peu devant moi quand nous rentrons de l'école. Nous habitons à la campagne, et pour rentrer nous prenons un petit chemin qui longe la route principale et notre maison.
En lisant ce livre, je me suis dit que s'il devait arriver malheur à ma fille (et je peux vous dire que je prie très fortement pour que ce ne soit jamais le cas), on pourrait me faire les mêmes reproches qu'à Rachel: même si je lui tiens la main pour traverser la route et que je la garde à l’œil quand elle prend un peu d'avance, je me dis qu'on trouverait forcément un truc à me reprocher.

Nous suivons donc Rachel ainsi que Jim, l'inspecteur chargé de l'enquête. Celui-ci se démène pour retrouver le petit garçon, car il sait que dans un cas de disparition d'enfant, les premières heures sont cruciales.
Heureusement, il ne se laisse pas influencer, il reste droit dans ses bottes malgré ses quelques erreurs et il va tout faire pour retrouver le petit garçon. C'est un type bien, que cette affaire ne va pas laisser indemne.

Cependant, Ben reste introuvable et très vite Rachel est montrée du doigt: en effet, elle ne correspond pas vraiment à l'image que l'on se fait d'une mère éplorée. Les réseaux sociaux ne sont pas tendres, le lynchage y est monnaie courante, car il faut bien admettre qu'il est très facile de cracher sur quelqu'un lorsqu'on est derrière un écran et elle va en subir les frais.

Les questionnements de Rachel ont trouvé un écho en moi (et si je ne l'avais pas lâché, et si...?), j'ai ressenti sa culpabilité, son désarroi face à ce véritable déferlement de haine: on l'accuse d'être une mauvaise mère, voire même d'avoir tué son fils. 
Elle est seule, désarmée, incomprise, sa vie privée passée avec son ex-mari est fouillée et analysée dans les moindres détails, et elle va finir par craquer, mais hélas au pire moment entre tous: lors de son passage à la télévision, pendant l'allocution donnée avec son ex-mari.
Dès lors, tous se déchaînent contre elle, pour tout le monde (ou presque) Rachel est coupable et il n'y a pas à chercher plus loin.

Malgré la douleur, l'incompréhension, la terreur, le chagrin, Rachel ne va pas se laisser abattre et va au contraire tout faire pour retrouver son fils.
Tout cela donne un rythme haletant au récit, qui est entrecoupé d'articles de presse et de blogs. On peut ainsi voir tout le mal que peuvent faire la presse, mais aussi des personnes qui s'imaginent tout savoir mieux que les autres et qui peuvent déverser à loisir leur fiel.

J'ai tourné les pages avec frénésie tellement je voulais savoir comment tout cela allait se finir et, surtout, qui avait enlevé Ben et s'il était toujours vivant.
Je n'ai pas été déçue par cette fin, à aucun moment je ne me suis doutée de l'identité du coupable, et j'adore être surprise de la sorte.

J'ai vraiment passé un excellent moment de lecture en compagnie de ce livre, et je me tournerai très certainement vers le nouveau de l'auteure, La fille idéale.

lecture très agréable

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lundi 9 octobre 2017

Dompteur d'anges

La Bête Noire frappe décidément très fort et continue de m'appâter avec ses romans bien noirs et ses titres alléchants...

On ne choisit pas sa famille. Encore moins celle de son ravisseur...
Condamné pour un meurtre qu'il n'a pas commis, Max Ender a été jeté en pâture à ses codétenus par ceux-là mêmes censés assurer l'ordre et la discipline au sein de la prison. Lorsqu'il est reconnu innocent et libéré, ce n'est plus le même homme. Il n'a désormais plus qu'une seule idée en tête: se venger de cette société qu'il hait par-dessus tout.
Pour frapper ses bourreaux au cœur, il va enlever leurs enfants et, méthodiquement, au fil des ans, faire de ces petits anges des bêtes féroces avant de les envoyer punir ses tortionnaires à sa place. Tout se déroulera selon ses plans jusqu'à ce qu'une de ses créatures lui échappe et disparaisse dans la nature...

J'ai commencé ce roman sans trop savoir où je mettais les pieds, inquiète que j'étais à l'idée de lire un roman sur l'embrigadement d'enfants. J'avoue que le fait d'avoir un enfant me rend plus sensible sur le sujet, j'imagine toujours ce que je ressentirais si ce genre de choses venait à m'arriver et cela me fait froid dans le dos.

Une fois encore, Claire Favan démarre son roman sur les chapeaux de roues, ça commence très fort sans redescendre jusqu'à la fin.
Max a été condamné pour un crime qu'il n'a pas commis. En prison, il subit les pires humiliations et sévices, sous l’œil complaisant des gardiens qui ne bougent même pas le petit doigt afin de le soustraire à cette violence. 
Quand il finit par sortir après avoir été innocenté, Max n'a plus qu'une idée: se venger de ceux qui devaient le protéger mais qui ont préféré le jeter en pâture à ses co-détenus pour ensuite mieux se voiler la face.

Max a changé, désormais il est habité par la rancœur et rêve de se venger. Quoi de mieux pour cela que de s'attaquer à l'innocence même: les enfants de ses bourreaux. 
Ces si petits bouts arrachés à leurs parents vont être reconditionnés, on les voit meurtris dans leur chair et dans leur esprit, et cette partie est vraiment dure et saisissante d'horreur.
Max va les enlever et les "former": entre coups, privations et bourrage de crâne, il va leur inculquer sa haine de la société et va en faire des machines à tuer, des enfants qui sous leurs airs innocents vont être sans pitié. 
Seulement voilà, une de leurs "missions" tourne mal et l'un des enfants réussit à s'enfuir...

J'ai beaucoup aimé cette partie, où l'on va suivre cet enfant dans sa nouvelle vie. Je me suis demandé ce qu'il allait devenir, s'il allait se remettre de ses blessures ou au contraire retourner à l'état "sauvage", comment Max allait bien pouvoir le retrouver, etc.
Je n'ai vraiment pas été déçue par cette lecture, à part pour un petit point (une quantité négligeable, vraiment) et aussi pour le fait que j'avais plus ou moins compris le rôle qu'un des personnages en particulier est amené à jouer.

Cela n'enlève cependant rien à la qualité de ce roman, que j'ai trouvé très dur mais aussi très bien écrit. C'est rythmé, haletant, je ne me suis pas ennuyée une seule seconde.
Claire Favan maîtrise à la perfection l'art du suspense, elle nous fait douter de tout, mais surtout quelle finesse dans les portraits des personnages! Ils sont complexes et torturés à souhait, que ce soit Max, l'homme si bon devenu si dur et si froid, ou les enfants, qu'il a privés de leur enfance, de leurs parents et de leur innocence pour mieux en faire des machines dépourvues de toute humanité et de toute compassion.

La fin m'a surprise, je ne m'y attendais pas vraiment, mais je me dis qu'après tout, pourquoi pas. Ce n'est pas vraiment conventionnel, mais ça a le mérite d'être original et de laisser libre cours à l'imagination du lecteur.

Du coup, c'est bien sûr une nouvelle fois une réussite, et je sais déjà que je serai au rendez-vous pour le prochain roman de l'auteure!

lecture très agréable

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