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jeudi 14 juillet 2016

Toyer

Je tiens à remercier ma binôme miss-gwen de m'avoir choisi ce livre pour le Livra'deux pour Pal'Addict, car sans elle nul doute que ce livre aurait encore traîné un bout de temps sur mes étagères!

 Los Angeles est la proie d'un monstre très particulier: un homme qui ne viole ni ne tue les femmes mais leur réserve un sort peut-être pire encore. Il les séduit, les kidnappe, joue avec elles, puis les abandonne à l'état de mort cérébrale. La physiatre Maude Garance est en charge des neuf victimes de celui que la presse a surnommé Toyer. Bouleversée par le sort de ces femmes, elle accepte la proposition que lui fait Sara Smith, une jeune journaliste ambitieuse: s'adresser directement au coupable par voie de presse. C'est le début d'une relation très particulière, par médias interposés, entre Maude et Toyer, qui bien vite passionne un lectorat avide de sensations. Grisé par une célébrité grandissante, Toyer commettra-t-il le faux pas qui permettra de l'identifier? 

Je ressors assez mitigée de cette lecture. Il y a du très bon, mais aussi de nombreuses longueurs. Ajoutez à cela un style parfois un peu étrange, dont j'ignore s'il vient de la traduction ou si l'auteur écrit vraiment ainsi, et vous comprendrez que j'étais bien contente d'en voir le bout.

Ca partait pourtant bien: on a Toyer, un psychopathe qui prend un malin plaisir à faire la connaissance de ravissantes jeunes femmes, qu'il séduit avant de les laisser dans un état de mort cérébrale. De jolies fleurs pâles, voilà ce qu'elles deviennent, et cela désespère le docteur Maud Garance, physiatre de l'hôpital où ces jeunes femmes sont recueillies, car les effets de la cordotomie spinale subie sont irréversibles.
Maude est contactée par Sara Smith, une jeune journaliste qui souhaite au départ avoir son avis à propos de Toyer. Puis, poussée par son chef, elle propose à Maude une tribune où elle pourrait s'adresser à Toyer, espérant ainsi le pousser à la faute et le forcer à se démasquer. Sauf que Toyer se prend au jeu et que sa médiatisation semble fortement lui plaire...

Je referme ce livre avec un sentiment particulièrement désagréable: par moments, j'ai trouvé ce récit plutôt malsain, notamment dans la relation Toyer/médias. Comme cela arrive de plus en plus fréquemment, le psychopathe se retrouve à la une des journaux, on surexpose ses "exploits", on lui offre une médiatisation qu'il ne mérite pas, le voilà célèbre alors que ses victimes, elles, sont réduites à jamais à l'état végétatif.

Quand (enfin!) Sara en prend conscience, il est trop tard: les gens se passionnent pour cette affaire, Toyer veut écrire un livre dont il reverserait les bénéfices à ses victimes, et le pire (à mon avis) est que des maisons d'éditions sont prêtes à le publier. Quand Sara, à qui Toyer écrit personnellement, veut tout stopper, elle se heurte au mécontentement et de son patron et de l'opinion publique, qui estime avoir parfaitement le droit d'être informée

Sauf que là se pose la question des limites entre information et curiosité mal placée: jusqu'où peut-on aller sous prétexte d'informer les gens? Où se situe la limite entre simple information et fascination morbide du public, qui veut sans cesse en savoir plus? Surmédiatiser les criminels en parlant d'eux sans cesse n'est-il pas dangereux? Toyer pose intelligemment la question, tout en nous montrant les dérapages que cela peut occasionner.

J'avoue que j'étais curieuse de voir comment l'auteur allait bien pouvoir traiter tout cela, et par moments j'ai enchaîné les chapitres (qui sont relativement courts) et englouti  les pages sans problèmes, tandis qu'à autres ma lecture se faisait plus laborieuse. J'ai trouvé certaines tournures de phrases bizarres, j'ai parfois dû relire certains passages à deux fois pour être sûre d'avoir bien compris ce que l'auteur voulait dire. 
Par contre, j'ai beaucoup aimé que certains débuts de chapitres ressemblent à des didascalies, ces petites notes que l'on retrouve généralement au théâtre et qui nous donnent des indices sur le lieu, l'heure, etc... et personnellement ça m'a beaucoup plu.

Cependant, à environ deux tiers du livre, on sent soudain comme un essoufflement au niveau de l'intrigue, et là les choses ont commencé à déraper. Avec un peu d'imagination, il est facile de deviner qui est Toyer, mais là n'est pas le souci. En effet, connaître son identité n'est pas le but final de ce livre, limite cela importe peu, ce qui est important est de savoir pourquoi il prend tant de plaisir à lobotomiser ses victimes. 
A partir de ce moment, j'ai trouvé qu'on commençait à tourner en rond, il y avait beaucoup de longueurs, je pense d'ailleurs que certaines coupes dans le récit ne lui auraient pas fait de mal! ^^
Puis on arrive sur la fin, machiavélique, mais qui en tant que fin ouverte laisse place à l'imagination du lecteur.

Pour ma part, cette fin ne m'a pas plu, tout comme l'évolution du personnage de Maude. Celle-ci est obsédée par ses patientes, elle leur fait subir divers tests afin de voir si leur état évolue, et comme ce n'est pas le cas tout cela a tendance à lui peser.
Maude est en colère, contre Toyer pour ce qu'il fait à ses victimes, contre Sara et les médias qui donnent à Toyer un statut de star qu'il ne mérite pas, et contre le procureur et la police qui ne font rien. Après tout, Toyer ne tue pas, donc il n'est pas une priorité, ce qui rend Maude folle. Elle vit une véritable descente aux enfers, se sent incomprise et ne prend pas que des bonnes décisions. 
Quant à Sara, il lui faut du temps pour comprendre que les décisions qu'elle prend au sujet de Toyer ne sont pas forcément les bonnes et que courir après un scoop n'est pas forcément une priorité.

Au final, Toyer est un bon pavé qui souffre de pas mal de longueurs, de personnages auxquels il est parfois difficiles de s'attacher, mais qui a le mérite de poser les bonnes questions quant au rôle des médias. A lire, même si le nombre de pages peut légitimement faire peur.

 
lecture sympa, sans plus...

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J'ai participé à ce challenge en duo avec miss-gwenn. Pour découvrir le livre qu'elle a lu, c'est par ici!

mercredi 25 mai 2016

Livra'deux pour Pal'Addict #2




J'adore le principe du Livra'deux pour Pal'Addict, à tel point que j'ai décidé de remettre ça, mais avec Miss-Gwen pour partenaire cette fois-ci.


Le principe?
Chacune choisit, dans la PAL de l'autre, trois livres :
* Qu'elle a lu et aimerait faire découvrir à sa partenaire.
* Dont elle aimerait avoir son avis.
* Un titre qui vous interpelle pour son résumé.
Sur ces trois livres, vous en choisissez un et dans un délai imparti, vous devez le lire et en faire une chronique. 


Ce que j'ai choisi pour elle:
* Un livre que j'ai lu et que je souhaite lui faire découvrir: Le Cercle, de Bernard Minier, qui est un auteur que j'aime beaucoup.
* Un livre dont j'aimerais avoir son avis: Il, de Derek Van Arman.
* Un titre qui m'interpelle pour son résumé: C'est Elle!, de Danny Wallace, dont le résumé loufoque a attiré mon regard.

Pour découvrir le livre que Miss-Gwen a décidé de lire, c'est par ici! :)


Et voici ce qu'elle m'a choisi:
* Un livre qu'elle a lu et qu'elle souhaite me faire découvrir: Meurtres pour rédemption, de Karine Giebel.
* Un livre dont elle aimerait avoir mon avis: Toyer, de Gardner McKay.
* Un titre qui l'interpelle pour son résumé: Parce que c'était nous, de Mhairi McFarlane.

Dure dure décision! J'adore ce que fait Karine Giebel, Toyer me fait aussi très envie... A côté de ça, j'ai bien envie de lire autre chose que du thriller, mais le Mhairi McFarlane me fait un peu peur, je n'ai pas envie de m'ennuyer comme avec son autre livre...
Allez, je choisis Toyer, en espérant qu'il soit aussi bien que ce que promet le résumé!

 
Nous avons donc jusqu'au 31 juillet pour lire et chroniquer nos livres... C'est parti! ^^

mercredi 28 octobre 2015

Une putain d'histoire

Je voulais lire ce roman depuis un petit bout de temps déjà, et il aura fallu le LDPA pour que je me décide à le sortir de ma PAL... Merci à Alhoa de l'avoir inclus parmi ses 3 choix :)

Une île boisée au large de Seattle...
"Au commencement est la peur. La peur de se noyer. La peur des autres, ceux qui me détestent, ceux qui veulent ma peau. Autant vous le dire tout de suite:
ce n'est pas une histoire banale. Ça non. C'est une putain d'histoire. Ouais, une putain d'histoire..."

Quand j'ai commencé ce livre, j'avoue que je ne savais pas du tout à quoi m'attendre: il faut dire que pour le coup, le résumé en dévoile très peu, voire même rien du tout sur l'intrigue! Le tout début m'a laissée perplexe, je n'y comprenais pas grand chose et je dois dire que j'avais un peu peur pour la suite. Bien évidemment, une fois qu'on a terminé le livre ce prologue paraît limpide, puisqu'on a toutes les cartes en main, mais au début, euh... 

Nous suivons donc Henry, un adolescent élevé par un couple de lesbiennes sur Glass Island. Au début du livre, il se dispute avec sa petite amie Naomi sur le ferry car celle-ci veut le quitter. Les paroles de cette dernière sont étranges ("je sais qui tu es"), elle est quasiment hystérique, on sent qu'elle a peur, mais impossible de savoir de quoi.
Le lendemain, on retrouve le corps sans vie de Naomi sur une plage de l'île, et Henry devient le suspect numéro 1, car les caméras du ferry ont filmé leur dispute de la veille. 
Avec ses amis, Henry décide donc de mener l'enquête afin de savoir qui a bien pu assassiner Naomi...

A partir de là, le récit décolle vraiment, les rebondissements s'enchaînent. En fait, nous suivons deux enquêtes bien distinctes: d'un côté, Henry et ses amis cherchent qui peut être le meurtrier de Naomi; de l'autre, un riche homme d'affaires, Grant Augustine, qui recherche son fils perdu. Les deux affaires vont bien évidemment se croiser, les pistes se multiplient, des détails qui en apparence n'ont rien à voir avec l'une ou l'autre affaire finissent par trouver tout leur sens, bref Bernard Minier sème le doute et n'épargne rien à ses personnages.

Certes, ce roman est très différent de ce que j'ai déjà lu de l'auteur, rien à voir avec Glacé ou Le cercle, mais finalement Une putain d'histoire se laisse lire et se révèle très agréable.
J'ai bien sûr été très étonnée par le choix de la narration, à la première personne lorsqu'il s'agit d'Henry ou d'un point de vue externe pour Augustine ou les autres personnages, et plus étonnée encore en voyant que le héros de ce roman est un ado de seize ans.

Par contre, la météo joue un rôle toujours aussi important: ici, la pluie tombe sans discontinuer, orage, tempête et mer déchaînée sont de la partie, les éléments se liguent contre les personnages et rendent l'atmosphère encore plus angoissante. Les îles ne sont pas en reste, Glass Island m'a un peu fichu les chocottes, une chose est sûre, vivre sur l'archipel, très peu pour moi! ^^

Niveau personnages, j'ai beaucoup apprécié Henry, j'ai trouvé cet adolescent très mûr pour son âge, même s'il a parfois des réactions insensées, quant à Charlie, son meilleur ami, il m'a souvent fait sourire.
Je me suis posé pas mal de questions au sujet de Naomi, certaines révélations faites à son sujet ont titillé ma curiosité, tout comme les secrets qui semblent entourer Liv et France, les mamans d'Henry.
Quant à Jay, c'est vraiment le personnage que j'ai préféré. Au début, je l'ai trouvé froid et antipathique, mais peu à peu j'ai compris qu'il allait occuper une position centrale dans le récit. Il est méthodique, calculateur, il ne fait quasiment aucune erreur, bref le bras droit d'Augustine est un élément crucial dont il lui est impossible de se passer.

Dernier et non des moindres bons points: la fin. J'avoue que je n'avais rien vu venir, pourtant Bernard Minier nous lance régulièrement des indices, mais je me suis fait avoir en beauté! Bon en même temps, je ne suis pas la reine des déductions ^^'
En tout cas, c'est très malin et très bien trouvé, pour ma part je l'ai trouvée très bonne, chacun a le sort qu'il mérite, bref à rien à redire! 

L'auteur sort des sentiers battus avec ce livre, s'éloignant de son registre habituel et de son personnage fétiche Martin Servaz pour nous servir une histoire suffisamment alambiquée pour nous tenir en haleine du début à la fin.
Bref une chose est sûre, Une putain d'histoire porte bien son nom!

lecture très agréable

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J'ai participé à ce challenge en duo avec Alhoa Livres. Pour découvrir le livre qu'elle a lu, c'est par ici!

mardi 18 août 2015

Livra'deux pour Pal'Addict #1




Décidément, je ne m'arrête plus dans cette course aux challenges! Depuis le temps que le Livra'deux pour Pal'Addict me tentait, j'ai décidé de me lancer, avec miss Alhoa pour binôme.


Le principe?
Chacune choisit, dans la PAL de l'autre, trois livres :
* Qu'elle a lu et aimerait faire découvrir à sa partenaire.
* Dont elle aimerait avoir son avis.
* Un titre qui vous interpelle pour son résumé...
Sur ces trois livres, vous en choisissez un et dans un délai imparti, vous devez le lire et en faire une chronique. 


Ce que j'ai choisi pour elle:
* Un livre que j'ai lu et que je souhaite lui faire découvrir: La Maîtresse de Rome, de Kate Quinn, qui a été un énorme coup de cœur :)
* Un livre dont j'aimerais avoir son avis: Les lieux sombres, de Gillian Flynn.
* Un titre qui m'interpelle pour son résumé: Even dead things feel your love, de Mathieu Guibé.

Pour découvrir le livre que Alhoa a décidé de lire, c'est par ici! :)


Et voici ce qu'elle m'a choisi:
* Un livre qu'elle a lu et qu'elle souhaite me faire découvrir: Le chuchoteur, de Donato Carrisi.
* Un livre dont elle aimerait avoir mon avis: Derrière la haine, de Barbara Abel.
* Un titre qui l'interpelle pour son résumé: Une putain d'histoire, de Bernard Minier.

Dure dure décision! Deux des titres me font énormément envie, et les deux font partie de mon challenge de l'été... Je pense choisir Une putain d'histoire, de Bernard Minier!

Nous avons donc jusqu'au 31 octobre pour lire et chroniquer nos livres... C'est parti! ^^