mercredi 22 août 2012

L'Apothicaire

Ce qui m'a d'abord interpellée dans ce livre, c'est sa couverture. Ce portrait d'homme abîmé m'a tapé dans l’œil. Son titre, puis enfin le bandeau parlant de "la plus grande énigme du Moyen-Âge" m'ont ensuite fortement intriguée. Il n'en fallait pas plus pour que ce roman rejoigne les rangs de ma bibliothèque virtuelle ^^

Andreas Saint-Loup, maître apothicaire à Paris, est un homme de science et de raison. Orphelin, élevé par le père Boucel en l'abbaye Saint-Magloire, cela ne l'empêche pas d'être profondément athée, et d'avoir une opinion bien arrêtée sur la religion. 
Un matin, l'apothicaire trouve à mi-étage de sa maison une pièce dont il avait complètement oublié l'existence. Ses domestiques ne semblent pas s'en souvenir non plus. A cela s'ajoute un vide sur le portrait qu'Andreas a fait réaliser de lui-même: on voit clairement que la personne qui posait à ses côtés a également disparu. C'en est trop pour notre homme, il lui faut absolument résoudre ce mystère qui défie toute logique.
Accusé d'hérésie par le roi Philippe le Bel, poursuivi par le conseiller Guillaume de Nogaret et par le Grand Inquisiteur de France, voilà donc Andreas, accompagné de son apprenti Robin, parti sur les routes de France et de Navarre, pour un voyage qui les mènera à Compostelle puis jusqu'au Mont Sinaï. Ils seront rejoints en cours de route par l'Occitane Aalis, qui semble porter le poids de bien des secrets...
 
J'ai beaucoup aimé ce livre, même si j'avoue que je ne m'attendais pas du tout à une quête sur le gnosticisme. J'avoue ne pas avoir lu le résumé de la quatrième de couverture, et m'être totalement fiée à mon coup de cœur pour la couverture. De plus, le bandeau me faisait plutôt penser à une enquête ou à un thriller historique, mais au final l'histoire est prenante et bien racontée.
 
Les chapitres sont très courts, et chacun concerne un personnage différent, ce qui donne un rythme soutenu à l'intrigue. J'ai également apprécié le langage un peu ancien, qui donne un côté authentique à l'histoire, ainsi que la façon qu'a l'auteur d'interpeller régulièrement le lecteur afin de le faire participer à l'intrigue.

Il y a cependant des choses que j'ai moins appréciées, comme le fait de donner une sœur à Andreas, pour ne finalement pas exploiter ce personnage. La fin m'a également un peu déçue: certes, je m'y attendais, car étant dans la continuité de l'intrigue elle est plutôt logique, mais je l'ai trouvée un peu abrupte. Aucun des personnages ne semble étonné de se retrouver hors de France, ils ne semblent pas se demander ce qu'ils font là. 

De même, on ne sait rien des raisons qui font qu'Aalis déteste Béziers: je pense qu'il aurait pu être intéressant de creuser un peu plus cet aspect du personnage. Et pour finir, j'ai trouvé dommage que l'auteur ne nous ai pas proposé une plongée plus profonde dans le milieu de l'apothicairerie. J'aurais aimé avoir plus de détails sur le métier, les ingrédients, les potions et onguents...
 
En définitive, même si je n'ai pas eu un énorme coup de cœur pour ce livre, j'avoue avoir passé un très bon moment en compagnie de M. Saint-Loup et de ses compagnons. Mon premier essai avec Henri Loevenbruck est donc transformé, et je pense lire prochainement un autre de ses romans.
 
 
lecture agréable
 
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jeudi 9 août 2012

Les Anges Déchus, tome 1 - Hush, hush

Je suis très loin d'être fan de bit-lit. Comme beaucoup, j'ai lu Twilight, que j'ai trouvé assez sympathique, mais qui à mon sens est loin de valoir tout le bruit qu'on en a fait. Hush, hush fait partie de ces livres qui en temps normal ne me tentent pas, mais la couverture (très réussie) m'a donné envie de lui laisser sa chance.
Je ressors cependant de ma lecture avec un avis mitigé: je suis totalement incapable de dire si j'ai aimé ce livre ou non.

Déjà, je trouve le résumé de quatrième de couverture mensonger: Patch affole toutes les filles du lycée. Ah? Ce n'est pas vraiment l'impression que j'ai eue, mais peut-être suis-je passée à côté pendant ma lecture? 
Toujours est-il qu'il est nouveau au lycée, qu'il est attiré par l'héroïne, Nora, et qu'il en sait plutôt long sur son compte. Il semble lire dans ses pensées, se trouve toujours par hasard sur son chemin, connaît ses peurs, ses rêves et ses désirs... Mi provocateur, mi protecteur, son attitude à l'égard de Nora est ambiguë pendant la majeure partie de l'intrigue.

Le souci de ce genre de livre, c'est que c'est un filon exploité jusqu'à la saturation. J'ai eu par moments l'impression de lire Twilight version ange: le couple de héros se rencontre en cours, il est beau et mystérieux, elle est plutôt banale, leur relation oscille entre attraction et répulsion, elle découvre la vérité à son sujet en surfant sur internet... Ca a un goût de déjà-vu, non?

Ce que j'ai apprécié par contre, c'est le style accrocheur. C'est simple à lire, mais terriblement addictif: les pages se tournaient toutes seules, et j'avais vraiment hâte de savoir la fin.
De même, Patch est un héros sombre, bad boy par excellence, déchiré entre sa soif d'humanité et son attirance pour Nora, bref il est loin des héros lisses et conventionnels que l'on rencontre habituellement, et ça fait du bien! J'ai également adoré le personnage de Vee: le genre de meilleure amie totalement déjantée que j'aurais aimé avoir!
Petit bémol: Nora. Je l'ai trouvée un peu niaise et fade: difficile de concevoir qu'on garçon comme Patch puisse être attiré par elle! Certaines de ses réactions m'ont paru illogiques, mais bon...

Au final, c'est un roman qui m'a fait passer un bon moment, même celles et ceux qui n'aiment pas le genre young adult devraient pouvoir apprécier. Est-ce cependant suffisant pour que j'aille jusqu'au tome 2, je ne sais pas... Si l'occasion se présente, pourquoi pas...

lecture sympa, sans plus

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dimanche 1 juillet 2012

La ronde des innocents

Dans la famille Musso, je demande Valentin, le frère de Guillaume. J'ai décidé de tenter ma chance avec son premier roman,  La ronde des innocents. Si, au départ, ce roman m'a emballée, au final le bilan est plutôt mitigé. 
 
Raphaël Nimier a été retrouvé torturé et assassiné sur un chemin de montagne. Son frère Vincent ne tarde pas à recevoir une vidéo dans laquelle il apprend que son frère avait une femme et un fils cachés, qui ont disparu sans laisser de traces il y a plusieurs années. 
A Nice, dans un prestigieux lycée, on retrouve le corps d'un élève poignardé puis jeté du haut d'une rambarde.
Ces deux intrigues, bien qu'apparemment sans aucun lien, finiront par se rejoindre.
 
Pour un premier roman, j'avoue que ce n'est pas trop mal réussi: Valentin Musso a une écriture fluide, son récit est prenant (j'ai parfois eu du mal à lâcher mon bouquin), et la fin est surprenante.
Cependant, ce livre n'évite pas certains écueils dont souffrent souvent les premiers romans. Ses personnages sont un peu stéréotypés, à l'image de Justine Néraudeau, la fliquette hargneuse qui ne vit que pour son travail, ou de son collègue secrètement amoureux d'elle.
 
Ce qui m'a le plus ennuyée dans ce roman, c'est que je n'ai pas été franchement emballée par la résolution des meurtres. Ca commençait pourtant très bien, avec une histoire prenante entre secrets de famille et personnes disparues, puis la surdouance est évoquée lors de la visite de l'Institut Carlier, et c'est ce thème qui dès lors est traité dans la suite et fin de ce roman. Pouvoirs psychiques, précognition, emprise sur la matière, tels sont les divers sujets abordés dans cette Ronde des innocents.
 
Je n'ai pas non plus apprécié la fin du livre: certes, c'est bien trouvé et surprenant (même si en prêtant bien attention aux détails on pouvait quelque peu la deviner), mais qu'en est-il des deux principaux personnages? J'avoue que j'aurais aimé savoir quel sort l'auteur leur avait réservé...

J'ai trouvé dommage que Valentin Musso s'éloigne ainsi de ce qui faisait la force de son récit, car je voulais lire un thriller, pas un livre évoquant la psychologie des enfants surdoués, aussi intéressant que cela puisse être.
Pour autant, il reste à mon avis un auteur à suivre, et je pense lire un de ces jours son second livre Les cendres froides afin de confirmer ou non ma première impression.
 
lecture sympa, sans plus
 
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mardi 12 juin 2012

Filles de Shanghai

Avec Filles de Shangai, Lisa See nous propose un roman historique, qui tranche radicalement avec le style de Fleur de Neige ou du Pavillon des Pivoines. Il est ici question de la guerre sino-japonaise de 1937, du début de la seconde guerre mondiale, et des débuts de la Chine communiste. Cependant, ce n'est pas tant la guerre que le destin de deux sœurs qui nous est conté.

Perle et May vivent à Shanghai, considérée comme le joyau de la Chine . Elles y mènent une vie agréable et insouciante, entre séances de pose pour des peintres et fêtes, jusqu'au jour où leur père, ruiné, leur annonce que pour honorer ses dettes il a arrangé leur mariage avec des Chinois d'Amérique venus chercher des épouses en Chine.
Les deux sœurs se voient donc contraintes de suivre leurs maris. Commence alors une nouvelle vie pour elles à Los Angeles...

L'histoire nous est racontée par Perle, le point de vue de May ne nous étant dévoilé qu'à la fin du livre.
Elle nous décrit un aspect de la vie des chinois d'Amérique assez peu connu: expatriés dans un pays inconnu, en proie au racisme des habitants qui ne veulent pas d'eux, cantonnés dans un quartier qui leur est propre, sans possibilité de travailler ailleurs. J'ai d'ailleurs appris grâce à ce livre l'existence des "fils sur le papier", ces jeunes hommes qui moyennant finances pouvaient commencer une autre vie en prétendant être le fils d'un autre.
L'épisode d'Angel Island nous montre les conditions drastiques d'entrée sur le sol américain, avec ses heures interminables d'interrogatoire, où la moindre erreur peut conduire à l'expulsion. On sent ici un vrai travail de recherche, l'auteur nous livre d'ailleurs ses sources à la fin du livre.

Perle et May se retrouvent donc dans un pays dont elle ne connaissent rien, où il leur faut apprendre à s'intégrer tout en restant à leur place. Perle se tournera vers les traditions: la nourriture chinoise, la nostalgie du pays, tandis que May fera tout pour "s'américaniser", notamment en tournant à Hollywood dans des films sur la guerre en Chine.
Si au début Perle montre une vraie force de caractère, par la suite elle devient plus passive, subissant son destin. May, malgré son côté futile et égoïste, choisit de prendre sa vie en main.

Les personnages de Yen-Yen et du Vieux Louie sont truculents, Vern inspire la compassion, Sam représente le courage, et la petite Joy représente le pont entre les deux cultures. Lisa See réussit le pari de nous rendre tous les personnages attachants, et ce n'est pas toujours chose aisée (notamment avec la mère de Perle et May).

La fin de ce roman n'est pas très gaie, mais les happy end ne sont pas toujours possibles... 
Cependant il subsiste une note d'espoir pour Perle, May et Joy: la suite de Filles de Shangai, intitulée Ombres chinoises, vient de paraître. Je compte bien la lire afin de connaître la suite des aventures de ces femmes chinoises, devenues américaines malgré elles, et qui ont constitué pour moi un moment de lecture très agréable.

lecture agréable

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mardi 22 mai 2012

Les imperfectionnistes

C'est un roman sympathique que ces Imperfectionnistes de Tom Rachman: l'histoire d'un quotidien anonyme de langue anglaise basé à Rome.
Il s'agit d'un roman choral, porté par onze collaborateurs, qui se croisent sans vraiment se connaître. 
Chacun des personnages du roman a droit à son propre chapitre, mais il n'est pas rare de les voir faire une apparition dans celui consacré à quelqu'un d'autre.
 
On y trouve entre autres un correspondant en poste à Paris, en mal de scoops et d'argent; une DRH chargée du licenciement, et qui se retrouve dans un avion avec un de ceux qu'elle a virés; ; un pigiste en poste au Caire qui se fait pigeonner par un journaliste plus expérimenté mais surtout baratineur; un rédacteur de nécrologies, victime d'un horrible drame personnel qui va contre toute attente donner un fulgurant coup de pouce à sa carrière; un directeur de la publication qui répond aux abonnés absents; une lectrice assidue qui, à vouloir lire chaque page en intégralité, a environ quinze ans de retard sur l'actualité...
En bref, ces journalistes sont incompétents, et c'est cela qui les rend attachants. L'auteur nous les montre tels qu'ils sont vraiment: des hommes et des femmes, avec des boires et surtout des déboires professionnels et affectifs.
 
Entre deux chapitres, Tom Rachman nous raconte une autre histoire: celle de la création du journal par Cyrus Ott, riche industriel. Son entourage croit que ce journal n'est qu'une passade, mais au fond tous ignorent les vraies raisons qui l'ont poussé à le fonder. On suit l'évolution de ce quotidien sur une cinquantaine d'années, de son inauguration à sa fermeture définitive.
 
Car c'est là l'autre aspect du roman: le récit de la chute d'un journal. En effet, comment pourrait-il résister quand il refuse totalement la modernité? Textes en noir et blanc (car mettre de la couleur serait faire une entorse à la version d'origine), refus d'avoir un site internet, font que les ventes chutent et que le journal agonise lentement, passant des restrictions budgétaires aux licenciements, pour finir par la fermeture.
 
La critique du monde du journalisme est assez acide, et c'est aussi ce qui m'a plu. Je craignais de m'ennuyer, car c'est un univers qui ne m'attire pas particulièrement, mais les situations sont loufoques et bien décrites. Il y a de l'humour, de la tendresse, de l'humanisme, et du cynisme aussi... Bref c'est toute une palette de sentiments qui se déploie ici, au milieu de cette vision pas forcément tendre du monde du travail.


lecture agréable
   
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