lundi 9 octobre 2017

Dompteur d'anges

La Bête Noire frappe décidément très fort et continue de m'appâter avec ses romans bien noirs et ses titres alléchants...

On ne choisit pas sa famille. Encore moins celle de son ravisseur...
Condamné pour un meurtre qu'il n'a pas commis, Max Ender a été jeté en pâture à ses codétenus par ceux-là mêmes censés assurer l'ordre et la discipline au sein de la prison. Lorsqu'il est reconnu innocent et libéré, ce n'est plus le même homme. Il n'a désormais plus qu'une seule idée en tête: se venger de cette société qu'il hait par-dessus tout.
Pour frapper ses bourreaux au cœur, il va enlever leurs enfants et, méthodiquement, au fil des ans, faire de ces petits anges des bêtes féroces avant de les envoyer punir ses tortionnaires à sa place. Tout se déroulera selon ses plans jusqu'à ce qu'une de ses créatures lui échappe et disparaisse dans la nature...

J'ai commencé ce roman sans trop savoir où je mettais les pieds, inquiète que j'étais à l'idée de lire un roman sur l'embrigadement d'enfants. J'avoue que le fait d'avoir un enfant me rend plus sensible sur le sujet, j'imagine toujours ce que je ressentirais si ce genre de choses venait à m'arriver et cela me fait froid dans le dos.

Une fois encore, Claire Favan démarre son roman sur les chapeaux de roues, ça commence très fort sans redescendre jusqu'à la fin.
Max a été condamné pour un crime qu'il n'a pas commis. En prison, il subit les pires humiliations et sévices, sous l’œil complaisant des gardiens qui ne bougent même pas le petit doigt afin de le soustraire à cette violence. 
Quand il finit par sortir après avoir été innocenté, Max n'a plus qu'une idée: se venger de ceux qui devaient le protéger mais qui ont préféré le jeter en pâture à ses co-détenus pour ensuite mieux se voiler la face.

Max a changé, désormais il est habité par la rancœur et rêve de se venger. Quoi de mieux pour cela que de s'attaquer à l'innocence même: les enfants de ses bourreaux. 
Ces si petits bouts arrachés à leurs parents vont être reconditionnés, on les voit meurtris dans leur chair et dans leur esprit, et cette partie est vraiment dure et saisissante d'horreur.
Max va les enlever et les "former": entre coups, privations et bourrage de crâne, il va leur inculquer sa haine de la société et va en faire des machines à tuer, des enfants qui sous leurs airs innocents vont être sans pitié. 
Seulement voilà, une de leurs "missions" tourne mal et l'un des enfants réussit à s'enfuir...

J'ai beaucoup aimé cette partie, où l'on va suivre cet enfant dans sa nouvelle vie. Je me suis demandé ce qu'il allait devenir, s'il allait se remettre de ses blessures ou au contraire retourner à l'état "sauvage", comment Max allait bien pouvoir le retrouver, etc.
Je n'ai vraiment pas été déçue par cette lecture, à part pour un petit point (une quantité négligeable, vraiment) et aussi pour le fait que j'avais plus ou moins compris le rôle qu'un des personnages en particulier est amené à jouer.

Cela n'enlève cependant rien à la qualité de ce roman, que j'ai trouvé très dur mais aussi très bien écrit. C'est rythmé, haletant, je ne me suis pas ennuyée une seule seconde.
Claire Favan maîtrise à la perfection l'art du suspense, elle nous fait douter de tout, mais surtout quelle finesse dans les portraits des personnages! Ils sont complexes et torturés à souhait, que ce soit Max, l'homme si bon devenu si dur et si froid, ou les enfants, qu'il a privés de leur enfance, de leurs parents et de leur innocence pour mieux en faire des machines dépourvues de toute humanité et de toute compassion.

La fin m'a surprise, je ne m'y attendais pas vraiment, mais je me dis qu'après tout, pourquoi pas. Ce n'est pas vraiment conventionnel, mais ça a le mérite d'être original et de laisser libre cours à l'imagination du lecteur.

Du coup, c'est bien sûr une nouvelle fois une réussite, et je sais déjà que je serai au rendez-vous pour le prochain roman de l'auteure!

lecture très agréable

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